La défaite d'hier est, comme beaucoup l'ont pointé, plutôt symptomatique d'un certain nombre de maux qu'on n'arrive pas à corriger véritablement, plutôt qu'un bête accident de parcours. Certes, Laval a fait son match, et ils n'ont pas démérité. On n'est pas assez souvent leaders et invaincus à domicile pour mesurer à quel point il est fréquent pour de "petites" équipes de venir chercher un maigre point à l'extérieur. Ce sera différent l'an prochain en L1 si on y remonte, et on sent d'ailleurs que notre équipe n'est pas taillée pour dominer les débats et imposer son football.
Pantaloni a réussi à faire monter ce groupe en qualité malgré tout (on voit des séquences plus construites qu'au début de saison), mais ça reste encore trop peu pour réellement survoler les matches. On compense par le "supplément d'âme" ou le talent fou de certains de nos joueurs, mais collectivement ça reste dans la moyenne de Ligue 2. Dès qu'on relâche un peu les efforts, ou qu'on ne sort pas une frappe de 25 mètres, on sent vite les limites à certains postes.
Cela a été souligné déjà, mais le flanc droit est totalement atone depuis des semaines maintenant... Katseris a une technique limitée, mais je trouvais qu'il avait au moins pour lui la vitesse et une certaine propension à user l'adversaire. Là, Mvuka, c'est presque aucun duel gagné, et une incapacité à évoluer dans les petits espaces. Défensivement, il y a du mieux, mais on part de tellement loin qu'on se félicite presque de le voir aller au pressing. C'était moins gênant quand le flanc gauche était en feu, mais avec un Yongwa un peu moins offensif, et un Ponceau pas toujours bien inspiré, on n'arrive plus à faire pencher suffisamment le jeu à de ce côté, pour libérer mécaniquement des espaces à droite.
Je ne comprends pas le choix de Pantaloni de ce point de vue. Essaie-t-il d'autres options à droite (Tosin ? Silva pourquoi pas ?) sans être convaincu ? Trouvait-il Mvuka à ce point excellent qu'il fallait prêter Le Bris et le garder lui ? Attend-il le retour providentiel de Diarra ? Le fait qu'on n'ait pas bougé rapidement à ce poste au mercato hivernal m'interpelle. Pourtant les manques étaient criants depuis bien longtemps.
Autre problème, qui me gêne davantage, c'est le coaching. On a vu quelques bonnes entrées récemment (Kroupi et Soumano, qui ont été buteurs en sortant du banc), mais globalement les sorties de Pagis à l'heure de jeu sont de moins en moins compréhensibles. On perd systématiquement en maîtrise à ce moment-là, alors qu'on garde tranquillement Ponceau (que j'aime beaucoup, mais qui est vraiment à la peine sur les fins de partie) et Mvuka sur le terrain. On se prive à la fois du seul véritable dynamiteur disponible, mais également du seul tireur de CPA correct qu'on ait à notre disposition. On se retrouve à faire tirer le pauvre Avom Ebong en fin de partie, c'est dire...
Jusqu'à présent, je me demandais si Pagis n'avait pas une fragilité physique, si on ne voulait pas le préserver - parce qu'il ne donne pas vraiment de signe de fatigue quand il est sorti. Hier, à en juger par sa réaction, il en avait encore sous le pied, et il n'a pas compris pourquoi ce choix. On a besoin de faire sauter un verrou, et on finit le match avec trois milieux défensifs (Makengo, Avom et Abergel) et trois défenseurs centraux sur le terrain. Quel jeu peut-on espérer produire ainsi ?
Il en est de même pour les entrées de Mendy...
Pourquoi systématiquement nous aligner un troisième défenseur central alors que la défense est plutôt stable ? Si on gagne 1-0 contre le PSG en finale de la Coupe de France, et qu'on veut absolument préserver le score, bétonner peut avoir du sens. Mais contre Laval, à domicile, alors qu'on doit marquer, quel intérêt ? On ne marque pas parce qu'on a plus d'attaquants, et on ne défend pas mieux parce qu'on a plus de défenseurs : il y a un équilibre collectif à respecter, et on semble l'avoir trouvé en 4141. A chaque fois qu'on bascule à trois derrière, on perd en maîtrise, et on lâche du lest.
Pantaloni semble faire le constat que quelque chose coince dans son collectif, mais hier le problème était lié à l'efficacité offensive (donc à la capacité à alimenter nos attaquants en bons ballons). En quoi Mendy pouvait-il nous aider de ce point de vue ?
Cette question de l'équilibrage collectif sera hyper importante pour la fin de saison, car des matches comme celui-ci vont se multiplier alors que le championnat va progressivement se figer. Les équipes qui luttent pour ne pas descendre ne viendront pas avec d'autres intentions que Laval. Les équipes qui joueront la montée ne voudront pas se laisser distancer, et se battront sur chaque ballon. Qu'on aligne Kroupi, Bamba ou Soumano devant, la question de l'animation demeurera centrale, car avec une seule pointe, tout dépend de notre capacité à alimenter nos joueurs offensifs.
Bref, il faut espérer que cette défaite permette à tout le monde de revenir aux fondamentaux, en particulier le staff. Les joueurs ne déméritent pas, ils appliquent plutôt bien le plan de jeu qui leur est demandé, et à part Mendy hier, on ne retrouve plus les problèmes de "manque d'envie" ou "manque d'implication". Par contre il va falloir que Pantaloni parvienne à tirer son groupe vers le haut, car on a les moyens de faire mieux, à condition d'accepter de jouer plus vite, au sol, et vers l'avant.
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